La SVOD, nouvel eldorado du manga?

Faisons un petit voyage dans le temps. Revenons dans les années 1990! Comment le manga a-t-il explosé hors du Japon? Qu’est-ce qui a fait qu’il s’exporte aussi facilement et marque plusieurs générations? Par le vecteur qui garde encore une sacrée place dans notre société: le téléviseur! Sans l’anime et la télévision, le manga serait beaucoup moins populaire qu’il ne l’est aujourd’hui dans le monde.

Au Japon, le manga passe régulièrement du petit au grand écran avec des scores au box-office honorables. Curieusement, dès que ces adaptations made in Japan arrivent en Europe, malgré le succès des œuvres originales (les Dragon Ball, One Piece, Saint Seiya, etc), la sauce ne prend pas plus que ça dans les salles françaises. Et on ne parle pas des productions Ghibli qui sont des films d’animation originaux. Mais pourquoi existe-t-il un tel écart entre la librairie et le cinéma? En librairie, ça s’arrache (40% des ventes selon le rapport Ratier)! En anime, ça déchire! Mais dès que ça passe au format long-métrage animé ou en live-action, c’est le drame! Aucun film d’animation adapté d’un manga n’a dépassé les 800.000 entrées au box-office français. Le record est détenu par Albator le corsaire de l’espace qui a réussi à attirer près de 725.000 personnes en 2013. La même année, le film One Piece Z a attiré près de… 55.000 personnes! L’affluence dans les salles françaises en 2013  a pourtant été de 193,5 millions entrées. Ainsi, le manga a attiré seulement 4 français sur 1.000 au cinéma en 2013. Le comble, c’est que 2013 représente une excellente année en matière d’affluence d’après les données du CNC.

Quand aux live-action movies adaptés de mangas, ils ne sont pratiquement jamais distribués en salles dans l’hexagone. Il semble que les distributeurs français préfèrent désormais attendre les adaptations hollywoodiennes de mangas avant de se lancer. On l’a vu avec Ghost In The Shell de Rupert Sanders interprété par Scarlett Johansson. Et ce n’est qu’un début puisque L’attaque des titans et Naruto, pour ne citer qu’eux sont attendus dans les mois à venir. Mais quand on regarde de plus près les recettes de Ghost In The Shell à la sauce hollywoodienne, ça n’a pas l’air formidable non plus. Du moins pour le moment!

Mais pourquoi ça ne prend pas? Peut-être qu’entre la lecture d’histoires à rallonge voire sans fin, les nombreux épisodes des séries animées sans parler des OAV, le public est déjà essoufflé à l’idée d’aller au cinéma voir une adaptation de ses mangas préférés aussi cultes soient-ils.

La SVOD, avec Netflix en tête, s’intéresse de près au manga. Pour preuve, la collection d’anime déjà présents au catalogue de Netflix ne cesse de s’étoffer avec des titres comme Ajin, semi-humain ou The Seven Deadly Sins même si ça ne rivalise pas forcément avec la SVOD spécialisée anime. Néanmoins, avec de plus en plus de productions adaptées de mangas et un nombre croissant d’abonnés, les fournisseurs de SVOD attirent de plus en plus les mangavores du monde entier. Cela signifie-t-il qu’on verra encore moins les adaptations de manga dans nos salles de cinémas? Ou au contraire, faut-il voir dans le manga à la sauce hollywoodienne une contre-attaque des salles de cinéma face aux géants de la SVOD? Mystère et boule de gomme!

Auteur de l’article : Kefa

Kefaland est un blog qui porte un regard subjectif sur la #BD et le #manga ainsi que sur le box-office de leurs adaptations au #cinéma

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